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Edité
par le Syndicat Nationale des Ophalmologistes de France
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Le
kératomileusis myopique assisté par laser excimer
ou Lasik
Née
en 1991, cette technique possède un avantage considérable
: les phénomènes cicatriciels sont beaucoup moins
marqués que ceux dus au laser Eximer de surface (PKR). Les
résultats en sont ainsi plus surs. Grâce à cette
méthode on peut pratiquer des ablations plus profondes et
corriger dès lors des myopies très fortes (de -6 à
-9,50 dioptries) tout en ayant des chances de récupération
beaucoup plus importantes.
Pour
quelle myopie
Visant en en premier lieu les fortes myopies, supérieures
à -6 dioptries et jusqu'à -9,50 dioptries, elle se
généralise de plus en plus grâce à ces
nombreux atouts et à l'expérience du chirurgien, à
tout types de myopies, moyennes et éventuellement faibles.
Principe
de l'intervention
L'opération se déroule en deux temps :
1. On découpe une fine lamelle de cornée grâce
à un microkératome (instrument automatisé de
microchirurgie).Une petite charnière latérale ou supérieure
permet à la lamelle de rester attachée à la
cornée. Son épaisseur représente 25% de l'épaisseur
de la cornée. La lamelle est soulevée comme un capot
pourrait l'être, ce qui permet d'atteindre les couches profondes
de la cornée : le stroma cornéen.
2. On peut alors traiter au laser Eximer au niveau du stroma de
façon conventionnelle en fonction du degré de la myopie
à corriger La lamelle est ensuite rabattue sur la zone traitée,
sans suture, ; elle prend alors la nouvelle forme de la cornée
en adhérant rapidement grâce à un phénomène
de cicatrisation. Cette intervention est pratiquement indolore et
extrêmement brève puisqu'elle n'excède pas 6
à 7 minutes.
Déroulement
de l'intervention
Le contour de
l'il est désinfecté avec un antiseptique local
(Bétadine diluée), et un collyre anesthésiant
(à base de Tétracaïne à 1%) est instillé
3 à 4 minutes avant l'opération. Avec ce type d'intervention
aucune injection est nécessaire.
Les cils sont
isolés à l'aide d'un champ opératoire avant
l'installation d'un écarteur à paupières.
On utilise un
microkératome automatisé, instrument extrêmement
sophistiqué qui contient une très fine lame à
usage unique pour réaliser le volet cornéen. On place
de façon totalement indolore un anneau de succion qui va
stabiliser l'il et guider le microkératome ; cette
pose ne procure qu'une légère sensation de pression,
mais supprime toute perception lumineuse, ce qui est tout à
fait normal et ne doit en aucun cas inquiéter le patient
préalablement averti.
La fine lamelle
de cornée réalisée, l'anneau de succion sera
enlevé ce qui entraînera la réapparition de
la perception lumineuse. La lamelle est soulevée et rabattue
autour de sa charnière. Le traitement laser commence au niveau
du stroma, le patient devra durant tout le temps du traitement fixer
une mire colorée.
Le traitement
terminé (30 à 120 secondes) l'interface sera lavée
soigneusement avec du sérum physiologique et la lamelle remise
en place.Cette dernière adhère seule et normalement
aux plans profonds en 2 à 3 minutes, aucune suture est donc
nécessaire.
Après
instillation de gouttes antibiotiques, on pose une coque protectrice
transparente sur l'il. Un examen de l'il est pratiqué
dans la demi-heure qui suit l'intervention afin de vérifier
la bonne fixation et position de la lamelle.Le patient peut alors
partir et sera contrôlé le lendemain.
Le
déroulement de l'intervention peut être compliqué
par une rupture de la capsule (moins de 5% des cas). L'extraction
de la cataracte est parfois incomplète. Une hémorragie
peut se produire et se résorbe en général en
quelques jours (dans des cas très exceptionnels, elle peut
aboutir a la perte de la vision, voire à la perte de l'il).
La
période post-opératoire
Le laser ne touche pas directement l'épithélium de
surface, qui reste intact, c'est pourquoi les douleurs après
une intervention au Lasik sont presque nulles. Une période
d'inconfort existe, elle se caractérise par une impression
de poussière dans l'il et de larmoiement, mais elle
ne dure que six à douze heures.
Des gouttes antibiotiques sont prescrites 3 fois par jour pendant
15 jours et peuvent, éventuellement, être associées
à des gouttes à base de cortisone.
Pour ne pas risquer de déplacer la lamelle, il est interdit
de se frotter les yeux pendant cette période ; c'est pourquoi
le port d'une coque protectrice nocturne est fortement recommandé
pendant une quinzaine de jours.
Normalement l'amélioration de la vision se produit une douzaine
d'heure après l'intervention et on peut envisager de retravailler
au bout d'un à deux jours suivant l'opération.
L'intervention du deuxième il peut être envisagée
dans les une à deux semaines suivantes.Durant cette période
d'attente le port de lunettes munies d'un verre neutre devant l'il
opéré est tout à fait possible. On peut aussi
envisager de porter une lentille sur l'il non-opéré,
surtout si le patient est atteint d'une forte myopie, pour atténuer
la différence de vision entre les deux yeux.
Les
effets secondaires
Les effets secondaires sont minimes (sensibilité à
la lumière, éblouissement) puisque la surface cornéenne
n'a pas été endommagée et ils diminuent proportionnellement
à la durée de la cicatrisation. Toutefois le soleil
et les rayon UV sont à éviter.Des phénomènes
du type : halos nocturnes, mauvaise adaptation à la pénombre
peuvent se produire, surtout chez les patients souffrant d'un forte
myopie, mais ceux ci s'amenuisent en général avec
le temps.
Les
complications possibles
Le risque zéro n'existe pas en chirurgie.
L'essentiel de la difficulté de l'intervention au Lasik est
la découpe de la lamelle de la cornée : celle ci peut
se retrouver libre sans charnière mais finalement facilement
repositionnée sans suture ; l'épithélium peut
proliférer sous la lamelle ce qui peut nécessiter,
en cas d'importante prolifération, un lavage qui l'éliminera.
Il peut y avoir une découpe irrégulière qui
entraînerait un astigmatisme, responsable d'une baisse de
l'acuité visuelle, en général modéré
; mais son traitement est difficile.
Les mêmes conséquences peuvent survenir suite à
un traitement laser décentré. Ce risque est limité
par l'utilisation de laser munis du système d'eye tracking
(le faisceau laser suit les mouvements de l'il).
Le risque infectieux, extrêmement rare, mais toutefois très
sérieux est maîtrisé par un traitement antibiotique
local prescrit les quelques jours précèdant l'intervention.
Notons que toutes ces éventuelles complications sont d'une
grande rareté et ne représentent que 1% des opérations
pratiquées par un chirurgien confirmé.
Ce dernier est totalement dépendant de la mécanique
du microkératome et de son correct fonctionnement, il doit
aussi parfaitement le dominer notamment en le vérifiant avant
chaque intervention. A la moindre alerte technique, aussi minime
soit-elle, le chirurgien devra stopper l'opération le patient
étant prévenu de l'éventualité de voir
son intervention reportée à plus tard.
Le
suivi médical
Une visite tous les mois durant les 3 mois suivant l'opération
sera obligatoire, elle permettra de suivre les progrès et
les résultats.
Les
chances de voir normalement
Pour des myopies inférieures à -6 dioptries on compte
90% de résultats spectaculaires supprimant tout port de lunettes
ou de lentilles. Au-delà de -6 dioptries et jusqu'à
-10 dioptries, 70% des opérés obtiennent ces résultats
et les 30% restant peuvent compter sur une extraordinaire amélioration
de leur acuité pouvant atteindre jusqu'à 5 dixièmes
utiles. Rappelons que la vision utile est celle qui nous permet
de vivre au quotidien : conduire, pratiquer un sport deviennent
des choses accessible dès lors.
La sous-correction est proportionnelle à la myopie à
traiter : plus elle est forte, plus elle est courante. Un retraitement
avant la fin du quatrième mois postopératoire est
alors tout à fait envisageable. Son principe est presque
identique au traitement initial : on soulève une fine lamelle
de cornée et on effectue un second laser sur la myopie résiduelle.
On l'effectue toujours avant la stabilisation de la vision. Ce retraitement
est très facile et ne nécessite qu'une anesthésie
locale par instillation de gouttes.
Dans le cas d'un futur retraitement " le capot " est soulevé
et récliné latéralement ce qui permettra un
second traitement laser. L'interface est soigneusement lavée,
ce qui permettra d'éviter toute prolifération des
cellules épithéliales.
Les résultats des retraitements sont très bons, ils
permettent une très bonne récupération visuelle
; mais notons qu'au-delà des 6 mois la cicatrisation étant
trop avancée une nouvelle découpe sera alors obligatoire.
Les
questions les plus courantes
1
- Existe t'il des contre-indications ?
Oui
La
myopie doit être stabilisée, on n'opère donc
jamais un patient avant la fin de sa croissance, c'est à
dire vers 20-21 ans.
Glaucome,
décollement de rétine, kératocône, uvéite,
atteintes épithéliales sévères et antécédent
d'herpès oculaire sont des contre-indications absolues. Ainsi
l'il ne doit présenter aucune maladies.
N'oublions
pas que la chirurgie réfractive, comme toute chirurgie, présente
un risque, infime certes mais c'est pour cette raison que les myopes
ne possédant qu'un " il voyant " ne doivent
pas se faire opérer.
Les
patients ne doivent pas être atteints de maladies inflammatoires
ou auto-immunes qui les priveraient alors d'une bonne cicatrisation.
Une
femme enceinte ou qui allaite ne doit pas se faire opérer.
Enfin
notons que le kératocône (maladie évolutive
qui déforme la cornée), fréquemment rencontré
chez les myopes est une contre-indication formelle à l'opération.
2
- Faut-il attendre de la chirurgie réfractive des résultats
parfaits ?
Non
Il
faut avoir des attentes réalistes, raisonnables et ne pas
attendre un miracle.
Il
est impératif de peser le pour et le contre, de ne pas prendre
sa décision à la légère mais en se basant
sur des données précises expliquées par son
ophtalmologiste.
La
chirurgie à pour but de supprimer ou de diminuer la dépendance
au port de lunettes ou de lentilles, mais elle ne donne pas toujours
10/10 ou même 5/10 sans correction.
Elle
ne corrigera pas la presbytie après 40 ans, ces patients
devront alors accepter de reporter des lunettes pour voir de près.
3
- Quelles sont les bonnes motivations ?
Elles
peuvent être professionnelles lorsque la myopie est un élément
handicapant (pompier, conducteur de train, aviation privée,
marine marchande
). Les patients pourront après leur
opération se présenter à des concours de recrutement.
Elles
peuvent être d'ordre sportif, en effet dans la pratique de
certains sports de haut niveau le port de lunettes ou de lentilles
peut être très contraignant.
Les
motivations esthétiques sont très valables et compréhensibles:
vivre avec des prothèses (lunettes, lentilles) peut devenir
très difficile à accepter.
On
peut aussi envisager une opération lorsque le port de lentille
n'est plus toléré et que le retour aux lunettes est
mal vécu par le patient.
4
- Quel est le temps de la réflexion ?
Il est extrêmement important.
Le
chirurgien remet au patient un document contenant toutes les informations
relatives à l'opération qu'il subira peut-être.
Ce document lu attentivement, le patient devra poser toutes les
questions qu'il souhaite à son ophtalmologiste, ce dernier
sera à son entière écoute et l'aidera à
prendre sa décision.
Sa
décision d'intervention prise le patient devra signer un
papier au chirurgien lui donnant l'autorisation d'opérer
5
- Y-a-til des examens pré-opératoires ?
Oui
Ils
sont même primordiaux car ils détermineront la meilleures
techniques adaptées à chaque patient.
Il
faudra avant tout examen ne plus porter ses lentilles : 10 jours
pour des souples, 15 pour des rigides.
Une
mesure de la réfraction est pratiquée, (sous gouttes
qui paralysent temporairement l'accommodation) en premier lieu,
le chirurgien mesurera ainsi avec précision l'anomalie visuelle
: myopie, astigmatisme, presbytie. Un fond d'il sera aussi
pratiqué.
Pour
corriger une anomalie réfractive il faut modifier la courbure
antérieure de l'il, elle est mesurée grâce
à la topographie cornéenne. Cet examen met aussi en
évidence les éventuelles irrégularités
de la cornée tel qu'un kératocône.
Un
examen de l'épaisseur de la cornée enfin est fait.
Chaque individu à une épaisseur de cornée différente,
il est impératif de la mesurer puisque le laser Excimer agit
directement sur elle.
Votre
ophtalmologiste est disposé à répondre à
toute question complémentaire que vous souhaiteriez lui poser.
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