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Edité
par le Syndicat Nationale des Ophalmologistes de France
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Techniques de chirurgie
réfractive
Madame,
Mademoiselle, Monsieur, Vous présentez une anomalie de la
réfraction. Ce document est destiné à vous
fournir les principaux éléments nécessaires
pour comprendre le principe et les effets des différentes
techniques opératoires.
Les
anomalies de la réfraction
Dans un oeil normal, le trajet des rayons lumineux est modifié
par la cornée et le cristallin pour leur permettre de converger
sur la rétine. L'il myope étant trop long, les
rayons lumineux convergent en avant de la rétine. L'il
hypermétrope est trop court et les rayons lumineux convergent
en arrière de la rétine. L'il astigmate présente
des anomalies de courbure cornéenne. Les différents
moyens de correction (lunettes, lentilles de contact et techniques
de chirurgie réfractive) ont pour but de modifier le trajet
des rayons lumineux.
Plusieurs techniques chirurgicales peuvent être proposées.
La méthode la plus adaptée à votre cas particulier
sera choisie avec votre chirurgien, ainsi que le mode d'anesthésie.
La chirurgie au laser excimer
La chirurgie au laser excimer a pour principe de modifier la forme
de la cornée en réalisant une ablation localisée
de tissu cornéen. Elle est destinée a corriger myopie,
hypermétropie et astigmatisme. Cette propriété
est utilisée de deux façons :
1 - Le laser excimer de surface (Photokératectomie Réfractive)
:
L'opération se pratique sous anesthésie locale. Après
un pelage de la couche superficielle, les impacts de laser sont
appliqués sur la surface de la cornée. Sa durée
est courte (quelques minutes).
Son principal avantage est la sécurité.
Les inconvénients résident dans les phénomènes
douloureux qui peuvent exister pendant quelques jours. Dans certains
cas il peut survenir un voile cicatriciel susceptible de retarder
la récupération visuelle. Ce voile est le plus souvent
minime, mais dans de rares cas il peut être assez dense pour
gêner la vision pendant plusieurs mois.
En cas de correction insuffisante, une nouvelle intervention est
possible dans un délai minimum d'un an.
2
- Le laser intrastromal (Lasik) :
Dans cette méthode, le laser est appliqué dans l'épaisseur
de la cornée après découpe chirurgicale d'un
volet de tissu cornéen remis en place en fin d'intervention.
Cette technique réalisée sous anesthésie locale
est peu douloureuse. La récupération visuelle est
rapide.
En cas de correction imparfaite, Il est généralement
possible de compléter le traitement. Le principal inconvénient
réside dans la découpe du volet cornéen qui
peut induire des complications spécifiques (altérations
de forme et de transparence de la cornée).
3
- Particularités des techniques utilisant le laser excimer
:
Après toute chirurgie au laser excimer, le port de verres
filtrant les ultraviolets est nécessaire pendant plusieurs
mois en cas d'exposition solaire. Le laser excimer est utilisé
depuis quelques années. Ses effets à très long
terme ne sont pas encore connus.
Technique d'incision cornéenne
La pratique d'incisions profondes dans la cornée permet également
de modifier sa forme. Lorsqu'elles sont disposées de façon
radiaire périphérique (technique nommée kératotomie
radiaire), elles permettent de corriger la myopie faible et moyenne.
La stabilité de la correction n'est cependant pas assurée,
car l'évolution à long terme peut se faire vers l'hypermétropie.
Des incisions transverses ou arciformes peuvent corriger l'astigmatisme.
Technique des anneaux intra-cornéens
L'insertion de segments d'anneaux synthétiques dans l'épaisseur
de la cornée périphérique permet de modifier
la forme de fa cornée. Son principal avantage théorique
est la réversibilité. Cette technique est récente.
Le recul est insuffisant pour apprécier sa tolérance
à long terme et pour juger de la stabilité de la correction.
Technique des implants intra-oculaires
Ces techniques chirurgicales nécessitent l'ouverture de l'il,
ce qui peut induire des complications au niveau des différents
tissus. Elles consistent à mettre en lace des implants synthétiques
qui sont des lentilles réfractives permettant de modifier
le trajet des rayons lumineux, sans modifier la forme de la cornée.
Ces techniques sont réservées à la correction
des fortes myopies et des fortes hypermétropies. Les implants
peuvent être placés en avant du cristallin ou après
son extraction.
Lorsque le cristallin est extrait la capacité de mise au
point entre vision de loin et vision de près (mécanisme
de l'accommodation) est perdue et doit être compensée
par des lunettes. Cette chirurgie s'adresse en général
à des patients de plus de 40 ans.
La
mise en place d'un implant dans un oeil qui conserve son cristallin
préserve le mécanisme de l'accommodation. Elle expose
à certaines complications spécifiques au niveau de
la, cornée et du cristallin qui imposent dune surveillance
systématique régulière à long terme.
En cas d'intolérance, ces implants peuvent être retirés.
Les risques communs à toutes les techniques de chirurgie
réfractive
Le résultat recherché ne peut jamais être garanti,
car il dépend des phénomènes de cicatrisation
avec des variations individuelles. Une correction complémentaire
par lunettes, lentilles de contact ou par réintervention
est parfois nécessaire.
Les réglementations concernant les aptitudes visuelles des
professions sont continuellement modifiées. Il est donc indispensable
que vous vérifiez vous-même auprès des administrations
concernées si une intervention de chirurgie réfractive
est acceptée (armée, police, gendarmerie, marine,
pompiers, SNCF, transport aérien ou routier, etc ...).
Les opérations de chirurgie réfractive n'échappent
pas à la règle générale selon laquelle
il n'y a pas de chirurgie sans risque. Même si celui-ci est
très faible, des complications allant des plus molles aux
plus graves sont possibles.
Parmi les conséquences possibles de ces complications, on
peut citer la perception de halos, une tendance à l'éblouissement
une réduction de l'acuité visuelle même avec
correction, une gêne à la vision nocturne, une vision
dédoublée, une déformation des images, un abaissement
de la paupière supérieure. Ces complications transitoires
ou définitives peuvent parfois nécessiter un traitement
médical ou chirurgical.
Dans des cas exceptionnels, comme pour toute chirurgie oculaire,
les complications peuvent prendre un caractère de gravité
conduisant à la perte de la vision, voire à la perte
de l'il. Cette éventualité est tellement exceptionnelle
que sa fréquence est impossible à évaluer.
Votre
ophtalmologiste est disposé à répondre à
toute question complémentaire que vous souhaiteriez lui poser.
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